Tierces roues, handbikes électriques et systèmes d'assistance : Batec, Triride, Omni, Klaxon, Benoît Systèmes, Firefly, SmartDrive, Alber…
Par Grégoire Trunet · · 25 min de lecture
Le fauteuil roulant manuel reste, pour des millions de personnes, l'outil de mobilité de référence : léger, mécaniquement simple, transportable et propice à l'activité physique. Mais la propulsion aux mains-courantes a un coût. Elle sollicite intensément les épaules, les poignets et les coudes ; sur la durée, elle est associée à des tendinopathies et à une usure articulaire précoce. Elle limite aussi les distances praticables, décourage les pentes et les terrains difficiles, et peut transformer une simple sortie en épreuve.
C'est précisément ce que viennent corriger les systèmes de motorisation « add-on » : au lieu de remplacer le fauteuil manuel par un fauteuil électrique lourd et encombrant, on lui ajoute un moteur amovible. On conserve ainsi les qualités du manuel (poids, transfert, transport en voiture, praticité en intérieur) tout en gagnant de l'autonomie, du confort et du rayon d'action dès qu'on met le nez dehors. Selon les modèles, l'objectif va du simple soulagement des épaules en ville jusqu'à la randonnée tout-terrain ou aux trajets quotidiens de plusieurs dizaines de kilomètres.
Les motivations les plus fréquentes sont : préserver ses articulations et son capital physique ; parcourir de plus longues distances sans s'épuiser ; franchir les pentes, les trottoirs et les terrains meubles ; retrouver de l'autonomie pour le travail, les courses ou les loisirs ; et, tout simplement, retrouver le plaisir de la vitesse et de la balade.
Toutes les motorisations ne se ressemblent pas. Avant de comparer les marques, il faut comprendre les grandes familles techniques, car elles ne s'adressent pas aux mêmes profils ni aux mêmes usages.

C'est la catégorie la plus visible et la plus populaire. Un bloc « roue motorisée + guidon » se clipse à l'avant du fauteuil et soulève les deux roulettes avant du sol. L'ensemble se conduit alors comme un scooter ou un vélo : on tourne le guidon pour diriger, on accélère à la poignée. La traction et la garde au sol augmentent nettement, ce qui permet d'affronter pentes, pavés, chemins et bordures. C'est la solution reine pour l'extérieur, les longues distances et le tout-terrain. En contrepartie, il faut de la préhension et un minimum de coordination des bras, un temps d'accroche/décroche, et l'engin est plus encombrant. Marques emblématiques : Batec, Triride, Klaxon (Klick) et, en entrée de gamme, Firefly.

Approche plus récente et plus économique : plutôt qu'un handbike dédié, on relie une trottinette électrique du commerce à un adaptateur fixé sous le fauteuil. Le principe de conduite reste celui d'une tierce roue avant, mais le « moteur » est une trottinette standard, réparable et remplaçable partout. C'est le créneau d'Omni (myOmniRide), la solution française la plus abordable du marché.

Ici, pas de guidon ni de roue avant : un galet ou un bloc moteur se fixe sous l'assise ou à l'arrière du fauteuil et pousse l'ensemble. Le SmartDrive de Permobil en est l'exemple type : un rouleau motorisé, très léger, piloté par un simple bracelet au poignet ; la direction reste assurée à la main sur les mains-courantes. Dans la même logique, les blocs Minotor de Benoît Systèmes viennent se loger sous le châssis. Une variante existe pour la tierce personne : le « pousseur » motorisé, qui assiste l'accompagnant qui pousse le fauteuil. Ces systèmes sont discrets, légers et parfaits en ville, mais moins performants en tout-terrain qu'une grosse tierce roue.

Le fauteuil conserve son allure de manuel : ce sont les roues elles-mêmes qui sont motorisées. Un moteur logé dans le moyeu détecte la poussée sur la main-courante et l'amplifie, exactement comme l'assistance d'un vélo électrique. Le geste reste naturel et l'entraînement physique est préservé, tout en divisant l'effort. C'est le principe des roues Alber e-motion. Solution élégante et peu encombrante, mais coûteuse et limitée en vitesse (allure du pas).

À l'opposé de l'assistance, certains kits convertissent purement et simplement le fauteuil manuel en fauteuil électrique piloté au joystick : les roues sont remplacées par des roues motrices et un boîtier de commande est ajouté. Le système Alber e-fix (E35/E36) en est représentatif. On perd la propulsion manuelle mais on gagne une conduite sans effort, adaptée aux personnes dont la force des bras est très réduite.

Enfin, il existe des handbikes à pédalier de bras, sans moteur, où l'on pédale avec les bras (comme le Triride Tribike). Ils ne relèvent pas de la « motorisation » à proprement parler mais du sport et de l'effort cardio ; on les mentionne car les mêmes marques proposent souvent des versions mécaniques et électriques du même produit.
Voici les acteurs majeurs du marché, classés par type de solution, avec leurs gammes, leurs caractéristiques clés et des ordres de prix. Rappel : les tarifs sont indicatifs (souvent TTC, TVA 5,5 %) et servent à situer les gammes les unes par rapport aux autres, non à établir un devis.
Origine : Espagne (Barcelone). Distribué en France par Benoît Systèmes. Batec est souvent considéré comme le haut de gamme des tierces roues avant, avec un système d'accroche « Easy-Fix » qui transforme le fauteuil manuel en engin électrique en moins de trois secondes, et un ancrage « Bloc » plus récent annoncé 74 % plus léger. Des guidons spécifiques existent pour les profils paraplégiques, tétraplégiques et hémiplégiques.
| Modèle | Positionnement | Prix public indicatif (TTC) |
|---|---|---|
| Mini 2 | Urbain, compact | ≈ 5 900 à 6 800 € |
| Electric 2 | Polyvalent ville/campagne | ≈ 6 900 à 7 800 € |
| Hybrid 2 | Hybride manuel + électrique | ≈ 8 000 à 9 800 € |
| Scrambler 2 | Tout-terrain (batterie 768 Wh) | ≈ 9 300 à 9 900 € |
| Rapid 2 / Air | Vitesse / pliant | Sur devis (récents) |
Options fréquentes : pack « hémiplégique » (≈ +337 €) et pack « voyageur » pour l'avion (≈ +436 €). Deux tailles de batterie (autonomie renforcée) sont proposées sur la plupart des modèles.






Origine : Italie. Triride mise sur la performance moteur et une fixation « clamper » rapide. La gamme couvre un large éventail de puissances (de 250 W à environ 1 400 W) et de tailles de roues, du compact urbain au tout-terrain « All-Road », en passant par des versions enfant (Kids) et une gamme hybride. Produits certifiés CE/TÜV, avec écran LCD, régulateur de vitesse (cruise control) et marche arrière sur les modèles électriques.
| Modèle | Caractéristiques clés | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Tribike (mécanique) | Pédalier de bras, 7,5 kg, roue 16/20″ | ≈ 3 650 € |
| Tribike E / E-Plus | Pédalier de bras assisté | ≈ 4 980 à 5 380 € |
| Special Compact HT | 1 000 à 1 400 W, 12″, ≈ 11,5 kg | dès ≈ 6 240 € (5 913 € HT) |
| Special Compact HT All-Road | Version tout-chemin | ≈ 6 130 € HT |
Un aperçu de la largeur de la gamme Triride, du compact urbain au tout-terrain, en passant par les versions sport et enfant :












Origine : Italie ; distribuée notamment par Ottobock. La gamme Klick propose des tierces roues avant électriques déclinées selon l'usage et le profil : Klick « de base », Klick Family, Klick Race (plus sportive), Klick Monster (tout-terrain) et versions Tetra / Power pour les préhensions réduites. Points forts mis en avant : accroche/décroche facile, franchissement de trottoirs, éléments de commande ergonomiques, prise USB et bon éclairage. Charge utile maximale de l'ordre de 120 kg.
Prix : le plus souvent sur devis (ordre de grandeur ≈ 3 000 à 5 000 € selon version et options). À noter : ces tierces roues ne sont pas inscrites à la LPPR (pas de remboursement Sécurité sociale au titre de la liste).









Klaxon propose également le Twist, un galet d'assistance à la poussée qui se fixe à l'arrière du fauteuil (dans l'esprit du SmartDrive) : discret, il ne modifie pas l'encombrement avant et vise l'usage urbain au quotidien.
Origine : France (équipe basée à Paris). Omni s'est fait connaître avec une idée simple et maligne : au lieu de vendre un handbike hors de prix, la marque motorise le fauteuil manuel à partir d'une trottinette électrique. Le manuel devient un engin motorisé qui se conduit au guidon, comme une tierce roue avant, pour une fraction du coût d'un Batec ou d'un Triride. La marque annonce que 95 % des fauteuils roulants manuels sont compatibles et propose un test de compatibilité en ligne avant l'achat.
L'accroche/décroche est rapide : on retrouve un fauteuil manuel classique en quelques secondes, et sur la gamme Trott', la trottinette se réutilise séparément.
Ici, la motorisation est une trottinette électrique standard, fixée au fauteuil et qui propulse par sa roue arrière. Gros avantage : elle est réparable et remplaçable partout, se détache pour être utilisée seule, et c'est la solution la plus abordable du marché. Vitesse maximale de l'ordre de 25 km/h, puissance de 350 à 500 W selon le modèle, poids de l'ensemble de 16,3 à 22,2 kg, et surtout une garantie de 2 ans. Quatre versions se distinguent essentiellement par l'autonomie (donc la taille de batterie de la trottinette) :
| Modèle | Autonomie annoncée | Prix (TTC · garantie 2 ans) |
|---|---|---|
| myomniTrott' 2.0 | ≈ 20 km | 1 999 € |
| myomniTrott' 3.0 | ≈ 30 km | 2 399 € |
| myomniTrott' 4.0 | ≈ 40 km | 2 699 € |
| myomniTrott' 7.0 | ≈ 70 km | 2 999 € |

Les trottinettes utilisées sont des modèles courants du marché (de type Ninebot, par ex. G30 Max cité par des utilisateurs). C'est le meilleur choix pour un petit budget, un usage urbain/route et ceux qui veulent une mécanique simple à entretenir.
La gamme Ride n'utilise pas une trottinette du commerce mais une véritable tierce roue avant conçue pour le fauteuil, mieux intégrée et déclinée du modèle urbain léger jusqu'au tout-terrain. Vitesse limitée à 20 km/h, batterie amovible, marche arrière, deux options de repose-pieds (fixes ou amovibles) et garantie 1 an. Trois modèles :
| Modèle | Moteur / batterie | Autonomie (1 / 2 batt.) | Poids (sans / avec batt.) | Frein / roue | Prix |
|---|---|---|---|---|---|
| Ride Light | 375 W · 36V 7,8Ah | 15 / 30 km | 7,5 / 9,8 kg | Tambour · 8,5″ | dès 2 399 € |
| Ride Plus | 495 W · 36V 13Ah | 30 / 60 km | 13,3 / 17 kg | Disque · 12″ | 2 999 € |
| Ride VTT | 1000 W · 48V 12Ah | 40 / 80 km | 18,5 / 22 kg | Disque hydr. · 16″ | 3 999 € |
Batterie supplémentaire (pour doubler l'autonomie) : 399 € (Light), 499 € (Plus), 599 € (VTT). Charge en 3 à 4 h (Light) à 4 à 6 h (Plus/VTT). Les trois conviennent notamment aux personnes hémiplégiques.



Ride Light : ultra-léger (7,5 kg), pour la ville et le transport facile en voiture, le compromis prix/poids. Ride Plus : plus polyvalent (frein à disque, roue 12″, 30 à 60 km), à l'aise en ville comme sur chemins. Ride VTT : la brute tout-terrain (1000 W, roue 16″, freins hydrauliques, 40 à 80 km) pour les grandes sorties et les terrains difficiles, mais 18,5 kg à manipuler.
Prenez un myomniTrott' si vous cherchez le prix le plus bas (dès 1 999 €), une grosse autonomie (jusqu'à 70 km), une mécanique standard réparable partout et une trottinette réutilisable seule. Prenez un myomniRide si vous voulez une tierce roue plus intégrée et « finie », une vraie déclinaison tout-terrain (VTT), ou le modèle le plus léger possible (Ride Light, 7,5 kg).
À noter : Omni évoque aussi une variante myomniWheel destinée aux personnes ayant des difficultés d'équilibre du tronc, ainsi que des offres reconditionnées ; ces déclinaisons se précisent au cas par cas avec leur équipe.
En résumé, Omni est l'acteur du bon rapport prix/liberté : à partir de 1 999 €, il démocratise la tierce roue là où les handbikes premium démarrent souvent au-delà de 5 000 €, au prix d'une motorisation moins « haut de gamme » et d'un tout-terrain réservé aux versions Plus et VTT.
Origine : France. Spécialiste des blocs moteurs qui se logent sous l'assise sans modifier l'encombrement avant du fauteuil. La gamme Minotor motorise le fauteuil pour l'utilisateur, tandis que la gamme Pousseur assiste la tierce personne qui pousse.





Origine : France. Le Yomper+ est un bloc moteur qui se fixe sous l'assise, dans l'axe du fauteuil, sans déport à l'arrière : l'accompagnant peut pousser sans gêne au niveau des pieds. Un support de montage rétractable permet de conserver la pliabilité des fauteuils pliants. La direction reste assurée par les mains courantes, avec un freinage possible aux mains courantes en mode intérieur.

Origine : France. AMI-Autonomie est un fabricant français spécialisé dans les motorisations et assistances électriques pour tous les fauteuils roulants manuels. Sa gamme Sirocco transforme le fauteuil en tricycle (une roue avant motrice) ou en « quad » grâce à une version bi-roue (deux roues avant) qui apporte une stabilité supplémentaire. Le système s'adapte sur la quasi-totalité des fauteuils du marché (hors châssis carbone) sans modification.
Autonomie & prix : plus de 60 km sur les modèles standard, plus de 120 km sur les Voyageur/Extrême. AMI-Autonomie met en avant la location avec option d'achat (à partir d'environ 143 €/mois), avec une possibilité d'aide MDPH (par ex. de l'ordre de 75 €/mois sur 48 mois) ; prix d'achat sur devis, occasion reconditionnée disponible.





Origine : États-Unis. Le Firefly est une tierce roue avant simple et économique, très populaire pour découvrir le concept. Batterie déportée sur le guidon (amovible pour la charge), fixation par quatre rotules auto-bloquantes.
Réserve importante : il peine dans les fortes pentes, le gravier et les terrains meubles (perte d'adhérence) et demande un bon contrôle manuel. C'est un excellent rapport qualité/prix pour un usage urbain et sur revêtement dur, pas un tout-terrain.


Origine : Groupe Permobil. Un galet motorisé se fixe sous l'assise et pousse le fauteuil ; on le pilote par un bracelet PushTracker E2, d'un simple mouvement du poignet (tap pour lancer/arrêter). La direction reste manuelle, aux mains-courantes. Objectif affiché : préserver les épaules en supprimant l'effort de poussée sur les longues distances et les rampes.
Idéal en ville et au quotidien, très transportable, mais ce n'est ni un engin de vitesse ni un tout-terrain, et il faut conserver une bonne maîtrise de la direction manuelle.


Origine : Allemagne. Alber couvre deux logiques complémentaires.


Origine : Québec (Canada). TrackZ conçoit ses propres fauteuils tout-terrain (HP Plus, TJ Plus, HP4) et distribue plusieurs solutions de propulsion assistée, dont deux qui concernent directement la motorisation d'un fauteuil manuel existant.
Une roue motrice unique, montée sur pivot, qui se fixe et se retire du fauteuil en quelques secondes sans outil. Vitesse jusqu'à 10 km/h, autonomie jusqu'à 20 km, télécommande sans fil et application mobile (réglages, suivi de la batterie). Compatible avec la plupart des fauteuils actifs, rigides ou pliants.

Un bloc moteur électrique de 500 W (autonomie annoncée de 6 heures d'usage) combiné au fauteuil tout-terrain HP Plus de la marque, pour rouler sur sentier, plage ou neige. Contrairement au SMOOV, cette solution est pensée pour fonctionner avec le châssis tout-terrain maison plutôt que comme un kit universel.

TrackZ distribue par ailleurs au Canada les roues à assistance Alber E-Motion M25, déjà présentées plus haut, ainsi qu'un programme d'aide au financement (« Une Petite Poussée ») pour ses propres produits.
Vue d'ensemble des principaux systèmes. Les valeurs sont des ordres de grandeur (elles dépendent de la version, des options, du relief et du poids de l'utilisateur).
| Système | Type | Vitesse | Autonomie | Poids | Prix indicatif | Terrain |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Omni myOmniRide | Kit trottinette (roue AV) | 20 km/h | 15 à 30 km | 7,5 à 9,8 kg | dès 2 399 € | Ville / route |
| Firefly (Rio) | Tierce roue avant | 18 km/h | 20 à 30 km | léger | 1 950 à 2 550 € | Ville / route |
| SmartDrive MX2+ | Galet assistance (AR) | 6 à 9 km/h | ≈ 20 km | 6,1 kg | ≈ 5 à 6 000 € | Ville |
| Batec Electric 2 | Tierce roue avant | élevée | grande | moyen | 6 900 à 7 800 € | Mixte |
| Batec Scrambler 2 | Tierce roue avant | élevée | 768 Wh | lourd | 9 300 à 9 900 € | Tout-terrain |
| Triride Sp. Compact HT | Tierce roue avant | élevée | grande | ≈ 11,5 kg | dès ≈ 6 240 € | Mixte / TT |
| Klaxon Klick | Tierce roue avant | élevée | variable | moyen | ≈ 3 à 5 000 € | Ville / mixte |
| Alber e-motion M25 | Roues power-assist | 6 km/h | ≈ 25 km | 7,8 kg/roue | ≈ 7 400 € TTC | Ville |
| Benoît Minotor 3 | Bloc moteur (sous siège) | allure pas | n.c. | compact | LPPR 100 %* | Ville / mixte |
| Yomper+ (Acekare) | Bloc moteur (sous siège) | 10 km/h | ≈ 35 km | 5,8 kg | sur devis** | Ville / mixte |
| SMOOV one (TrackZ) | Roue pivotante amovible | 10 km/h | ≈ 20 km | léger | sur devis | Ville / mixte |
* Minotor 3 et Pousseur 3 : pris en charge à 100 % au titre de la LPPR depuis le 1er décembre 2025. ** Acekare annonce une nouvelle prise en charge du Yomper, à confirmer au cas par cas.
Avantages : meilleures performances en extérieur, franchissement (pentes, pavés, trottoirs, chemins), grande autonomie et vitesse, sensation de « vélo », gain d'indépendance majeur. Se décroche pour retrouver un fauteuil manuel.
Inconvénients : les plus chères et les plus lourdes/encombrantes ; nécessitent préhension et coordination des bras ; temps d'accroche/décroche ; le rayon de braquage augmente (moins pratique en intérieur) ; démontage nécessaire pour la voiture.
Avantages : très légers et discrets, encombrement minimal, conservent la maniabilité en intérieur, excellents en ville, faciles à transporter ; le SmartDrive se pilote au poignet.
Inconvénients : vitesse limitée (allure du pas), peu adaptés au tout-terrain et aux fortes pentes ; il faut conserver la maîtrise de la direction manuelle.
Avantages : geste de propulsion naturel préservé (entraînement physique maintenu), effort divisé, aspect quasi identique à un manuel, encombrement nul, réglages via application.
Inconvénients : coût élevé, vitesse limitée à l'allure du pas, roues plus lourdes (transferts/transport), nécessite de garder une bonne poussée sur les mains-courantes.
Avantages : conduite sans effort au joystick, adaptée aux forces de bras très réduites, tout en gardant un châssis manuel démontable.
Inconvénients : on perd la propulsion manuelle et l'exercice physique, poids accru, prix élevé.
En droit français, une personne en fauteuil roulant, manuel ou électrique, est assimilée à un piéton par le code de la route. Concrètement, elle circule en principe sur les trottoirs et les zones piétonnes, à l'allure du pas (de l'ordre de 6 km/h), et emprunte la chaussée uniquement lorsqu'aucun cheminement praticable n'existe. Il n'y a ni permis, ni immatriculation, ni obligation d'assurance spécifique au titre du véhicule.

La difficulté apparaît avec les motorisations rapides. Une tierce roue qui atteint 18, 20 voire 25 km/h dépasse très largement l'allure du pas : son usage sur trottoir n'est plus cohérent avec le statut de piéton, sans pour autant relever clairement d'une autre catégorie. En pratique, on réserve la vitesse aux espaces adaptés (voies vertes, pistes cyclables, chemins), on utilise le bridage prévu par le constructeur en milieu piéton, et l'on adopte une conduite prudente. La réglementation évoluant, il est prudent de se renseigner auprès de sa préfecture.
Les budgets s'échelonnent largement selon la famille de produit :
Une réforme importante (arrêté du 6 février 2025) a modifié la prise en charge des véhicules pour personnes handicapées (VPH). Depuis le 1er décembre 2025, les fauteuils roulants inscrits sur la LPPR peuvent être pris en charge jusqu'à 100 %, sur prescription et validation médicale, ce qui supprime en principe le reste à charge sur le fauteuil lui-même et le rôle d'appoint de la mutuelle.
Attention toutefois : cette prise en charge concerne d'abord les fauteuils. Côté motorisations « add-on », la situation est contrastée. Les blocs Benoît Systèmes Minotor 3 et Pousseur 3 sont, eux, remboursés à 100 % au titre de la LPPR. En revanche, la plupart des tierces roues et handbikes du marché (Batec, Triride, Klaxon, Omni, Firefly…) ne sont pas inscrits à la LPPR : ils restent à financer autrement.
Je détaille cette réforme, ses avancées et ses angles morts, dans l'article dédié au remboursement des fauteuils roulants.
Dans tous les cas, la démarche passe par un devis, un essai et, le plus souvent, une prescription et un bilan avec un ergothérapeute.
Le bon système n'est pas le plus puissant ni le plus cher, mais celui qui colle à votre usage réel, à vos capacités et à votre fauteuil. Passez en revue, dans l'ordre :
Motoriser un fauteuil roulant manuel n'a jamais été aussi accessible ni aussi varié. À un bout du spectre, des solutions légères et abordables comme Omni ou Firefly, ou ultra-discrètes comme le SmartDrive, transforment le quotidien urbain pour quelques milliers d'euros. À l'autre, les tierces roues haut de gamme Batec et Triride ouvrent les pentes, les chemins et les longues distances, tandis que les roues à assistance Alber préservent l'effort naturel et que la transformation e-fix rend la mobilité aux forces de bras les plus réduites.
Trois réflexes pour ne pas se tromper : partir de son usage réel plutôt que des fiches techniques, vérifier la compatibilité avec son fauteuil et ses capacités, et anticiper le financement (la réforme LPPR de fin 2025 et la PCH changent la donne pour certains produits). Et surtout : essayer, sur ses propres parcours, avant de s'engager.
Sites officiels des fabricants et fournisseurs cités dans ce guide. Prix et caractéristiques indicatifs, à confirmer auprès des distributeurs (juillet 2026).
Réforme LPPR : arrêté du 6 février 2025 et analyses (accord-medical.fr, ergoflix.fr, Légifrance).
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