Vingt-six lettres pour poser un vocabulaire commun. Du droit, de la technique, de la voirie, et quelques mots que seuls les usagers emploient vraiment.
J'ai voulu réunir ici les mots qui reviennent tout le temps quand on vit avec un handicap moteur, ou qu'on accompagne quelqu'un qui en vit un, sans jamais être vraiment expliqués nulle part. Chaque entrée tient en quelques lignes, sans jargon inutile. Cette page n'est pas figée : je la compléterai au fil du temps.
Accessibilité. Possibilité pour une personne d'accéder à un lieu, un service ou une information, et d'en faire usage de façon autonome. La loi du 11 février 2005 en a fait une obligation générale pour les établissements recevant du public, la voirie et les transports.
AAH. Allocation aux adultes handicapés, versée par la CAF ou la MSA sur décision de la commission des droits et de l'autonomie. Elle compense une incapacité de travail, pas les surcoûts liés au handicap, qui relèvent de la PCH.
Aidant. Proche qui accompagne une personne au quotidien, sans y être tenu professionnellement. Le statut de proche aidant ouvre des droits propres, notamment en matière de congé et de retraite.
Bateau. Abaissement du trottoir au droit d'un passage piéton. Un bateau mal exécuté, avec un ressaut de plus de deux centimètres, suffit à rendre un itinéraire impraticable en fauteuil manuel.
Bariatrique. Se dit du matériel conçu pour les personnes de forte corpulence, au-delà de 150 kilos. La nomenclature des fauteuils prévoit un supplément dédié, compatible avec tous les modèles modulaires.
CMI. Carte mobilité inclusion, qui a remplacé les anciennes cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement. Elle se décline en trois mentions : invalidité, priorité, stationnement.
Carrossage. Inclinaison des roues arrière d'un fauteuil manuel par rapport à la verticale. Un carrossage prononcé améliore la stabilité latérale et la prise en main, mais élargit l'encombrement, ce qui complique le passage des portes.
Dévers. Pente transversale d'un cheminement. Invisible pour un piéton, elle oblige l'usager d'un fauteuil manuel à corriger en permanence sa trajectoire. La réglementation le limite à 2 %.
Déambulateur. Aide à la marche à quatre appuis, avec ou sans roues. Souvent une étape avant le fauteuil, parfois un complément pour les courtes distances à domicile.
Ergothérapeute. Professionnel de santé qui évalue les capacités fonctionnelles et l'environnement de la personne, puis préconise les aides techniques adaptées. Depuis la réforme des fauteuils roulants, il peut prescrire directement certaines catégories de matériel.
ERP. Établissement recevant du public. Classés par catégorie selon leur capacité d'accueil, ces bâtiments sont soumis à des obligations d'accessibilité dont le respect reste très inégal.
Escarre. Lésion cutanée provoquée par une pression prolongée sur une zone d'appui. Elle explique l'importance du coussin de positionnement et des changements réguliers de posture.
Fauteuil roulant. Manuel ou électrique, non modulaire ou modulaire selon les possibilités de réglage. Le fauteuil modulaire s'ajuste à la morphologie et aux besoins de chacun, ce qui en fait la référence pour un usage permanent.
Franchissement. Capacité d'un fauteuil à passer un obstacle, ressaut de trottoir ou seuil de porte. Elle dépend du diamètre des roues avant, de la répartition des masses et de la technique de l'usager.
Giration. Espace nécessaire pour effectuer une rotation complète. Le rayon de giration conditionne l'aménagement des sanitaires, des couloirs et des ascenseurs.
Handbike. Vélo à propulsion par les bras, utilisé en loisir comme en compétition. Le paracyclisme distingue plusieurs classes selon le niveau de fonction du tronc et des membres supérieurs.
Hémiplégie. Paralysie touchant un côté du corps, le plus souvent consécutive à un accident vasculaire cérébral. Elle impose des adaptations spécifiques, notamment une propulsion à un seul bras assistée par le pied.
Inclusion. Principe selon lequel l'environnement doit s'adapter à la diversité des personnes, plutôt que l'inverse. À distinguer de l'intégration, qui laisse à l'individu la charge de s'ajuster.
Invalidité. Notion de sécurité sociale liée à la perte de capacité de gain, distincte du taux d'incapacité évalué par la MDPH. Deux logiques différentes, deux dossiers différents.
Joystick. Commande d'un fauteuil roulant électrique. Il existe de nombreuses alternatives pour les personnes qui ne peuvent pas l'utiliser : commande occipitale, au menton, au souffle, au contacteur.
Kinésithérapie. Entretien de la mobilité articulaire, de la force et de la fonction respiratoire. Le masseur-kinésithérapeute peut prescrire un fauteuil roulant en location, dans un périmètre encadré.
LPP. Liste des produits et prestations remboursables. Un dispositif médical qui n'y figure pas n'est pas pris en charge, quelle que soit son utilité.
Lève-personne. Appareil mécanique ou électrique servant aux transferts. Il préserve autant le dos de l'aidant que la sécurité de la personne transférée.
MDPH. Maison départementale des personnes handicapées, guichet unique pour la reconnaissance des droits : taux d'incapacité, PCH, CMI, orientation scolaire ou professionnelle.
Modulaire. Qualifie un fauteuil dont l'assise, le dossier, la position des roues et les réglages peuvent être ajustés. Par opposition au fauteuil non modulaire, standardisé, destiné à un usage occasionnel ou temporaire.
Nomenclature. Classement officiel des véhicules pour personnes en situation de handicap, refondu par l'arrêté du 6 février 2025. Elle définit les catégories, les exigences techniques et les conditions de prise en charge.
Normes NF EN 12183 et 12184. Normes européennes applicables respectivement aux fauteuils manuels et électriques. Leur respect conditionne aujourd'hui le remboursement.
Ordonnance. Support de la prescription. Depuis la réforme, sa rédaction est devenue un point critique : une mention manquante suffit à faire rejeter un dossier par la caisse.
Orthèse. Appareillage qui soutient ou corrige une fonction, sans remplacer un segment du corps, à la différence de la prothèse.
PMR. Personne à mobilité réduite. La notion dépasse largement le fauteuil roulant : elle englobe les personnes âgées, les femmes enceintes, les porteurs de charges, les usagers de béquilles.
PCH. Prestation de compensation du handicap, attribuée par la MDPH pour financer aide humaine, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule. Elle n'intervient plus pour compléter le financement d'un fauteuil roulant depuis décembre 2025.
Pente. Une rampe ne devient franchissable de façon autonome que sous certaines limites : 5 % en règle générale, avec des tolérances plus fortes sur de courtes longueurs.
Quatre points. Système d'arrimage d'un fauteuil dans un véhicule, complété par une ceinture de sécurité pour l'occupant. Arrimer le fauteuil ne suffit pas, il faut retenir la personne séparément.
Rampe. Plan incliné, fixe ou amovible. Une rampe amovible mal dimensionnée donne l'illusion de l'accessibilité tout en restant inutilisable seul.
RBEU. Remise en bon état d'usage. Procédure encadrée permettant à un fauteuil restitué d'être reconditionné par un centre certifié, puis remboursé à un nouvel usager.
Reste à charge. Somme laissée au payeur final. Sur les fauteuils roulants, il a été supprimé au 1er décembre 2025 par la mise en place d'un prix limite de vente.
Stationnement. Une place réservée n'est pas une faveur mais un espace technique : sa largeur supplémentaire correspond au débattement nécessaire pour sortir du véhicule en fauteuil.
Sport adapté et handisport. Deux mouvements distincts en France, le premier orienté vers le handicap mental et psychique, le second vers les handicaps moteurs et sensoriels.
Transfert. Passage d'une assise à une autre, du fauteuil au lit, à la voiture, aux toilettes. C'est le geste le plus répété de la journée, et le plus déterminant pour l'autonomie réelle.
Tétraplégie. Atteinte des quatre membres, consécutive à une lésion médullaire cervicale. Le niveau lésionnel détermine les fonctions conservées, et donc le type de commande et d'assistance nécessaires.
Universelle (conception). Démarche consistant à concevoir dès l'origine un produit ou un lieu utilisable par tous, sans adaptation ultérieure. Elle coûte presque toujours moins cher que la mise en conformité après coup.
VPH. Véhicule pour personne en situation de handicap, terme administratif qui recouvre fauteuils, scooters et poussettes adaptées.
Verticalisation. Fonction permettant de passer de la position assise à la position debout, disponible sur certains fauteuils manuels et électriques. Elle agit sur la circulation, la fonction digestive et la densité osseuse, en plus de replacer le regard à hauteur des autres.
Wheeling. Technique consistant à rouler en équilibre sur les roues arrière d'un fauteuil manuel. Elle permet de franchir un trottoir ou d'aborder un terrain irrégulier, et demande de la pratique.
Châssis en X. Structure à croisillon des fauteuils pliants. Simple à transporter, mais moins rigide qu'un châssis soudé, donc moins efficace en propulsion.
Yoga adapté. Pratique ajustée aux capacités de chacun, assis ou au sol avec accompagnement. Elle travaille la mobilité articulaire et la respiration, deux points souvent négligés en position assise prolongée.
Zone de retournement. Surface libre permettant à un fauteuil de pivoter sur place, exigée dans les sanitaires et les circulations accessibles.
Zéro reste à charge. Objectif affiché de la réforme des fauteuils roulants, atteint sur le papier depuis le 1er décembre 2025. Sa traduction concrète dépend du bon remplissage des dossiers et de la disponibilité des prescripteurs. Sur ce point, j'ai détaillé ce que ça change vraiment ici.
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