Une propulsion électrique qui se glisse entre les roues arrière, sans allonger le fauteuil. Séduisant sur le papier, mais le freinage et le montage m'ont laissé sur ma faim.
Le SmartDrive est une propulsion électrique un peu particulière : il ne s'agit pas d'une tierce roue placée devant ou derrière le fauteuil, mais d'un galet motorisé qui vient se loger entre les deux roues arrière, sous le fauteuil. C'est cette roue motrice, calée au centre, qui pousse l'ensemble. J'ai pu le tester pendant quelques jours grâce à mon prestataire Adom, et voici mon retour à chaud.
Le fonctionnement est simple sur le papier : on clipse le galet sur les roues arrière, et une télécommande, voire une montre, permet d'activer ou de stopper la motorisation. Une fois lancé, le SmartDrive prend le relais de la poussée et évite d'avoir à pousser en continu sur les mains courantes.
Je l'ai essayé en ville, sur du plat comme dans les montées, en passant des bateaux : ça ne marche pas trop mal. Le passage d'obstacles reste tout à fait gérable, et dans les montées, même raides, le SmartDrive guide et soulage vraiment l'effort. Sa variation de vitesse est assez réactive, et sur ce plan-là, il fait le travail.
Côté autonomie, l'annonce parle théoriquement d'une vingtaine de kilomètres sur sol plat. Sur le modèle que j'ai eu, cette valeur n'a jamais été atteinte : à l'essai, on tournait plutôt autour de 15 km. Il faut dire que j'ai un gabarit relativement lourd, autour de 90 kg, ce qui pèse forcément sur la distance.
La vitesse maximale est de 6 km/h, et elle est d'ailleurs modifiable. C'est un vrai point d'intérêt : elle permet de respecter la législation et de rester considéré comme un piéton sur les trottoirs, malgré la motorisation.
Quant à la puissance, les 250 W paraissent suffisants pour un usage standard en ville. Mais dès que les pentes deviennent un peu plus sérieuses — typiquement les côtes bayonnaises — il faut l'aider à la main courante. Cela dit, l'assistance reste sérieuse et bien réelle : on sent vraiment le coup de pouce.
Sur le papier, la pente maximale théorique est de l'ordre de 10 %. Dans les faits, même sur des pentes à moins de 10 %, le SmartDrive a déjà eu du mal à faire avancer mes 90 kg. Autrement dit, la valeur annoncée reste très théorique dès qu'on ajoute un gabarit conséquent.
Reste le gros reproche, celui qui a fait pencher la balance : pour freiner, il faut d'abord désactiver l'entraînement. Ce détour est pour moi assez rédhibitoire et pas du tout pratique au quotidien : l'arrêt n'est ni immédiat ni instinctif, et ça demande une gymnastique à laquelle je n'ai pas accroché.
Ajoutez à cela la télécommande : celle que j'ai testée ne m'a pas donné satisfaction. Elle faisait un peu « cheap », et on peut légitimement se poser la question de la qualité et de la fiabilité de ce contrôle, alors que c'est justement lui qui commande le démarrage et l'arrêt.
Le gros avantage du SmartDrive, c'est qu'il n'augmente pas l'empattement du fauteuil. Comme le galet reste compris entre les deux roues arrière, on ne rallonge rien : le fauteuil garde exactement ses dimensions et la place qu'il prend. C'est l'une des rares propulsions électriques à préserver ainsi la maniabilité et le gabarit d'origine, là où une tierce roue vient toujours allonger l'ensemble.
Dernier point, et pas des moindres : le tarif dépasse les 5 000 €. Une fois de plus, ça paraît excessif pour du matériel comme celui-ci — un travers qui n'est pas propre au SmartDrive, mais bien souvent au matériel PMR en général. On peut vraiment se demander comment justifier un tel prix. À sa décharge, la Sécurité sociale rembourse à hauteur de 2 000 € environ, ce qui reste rare parmi les motorisations pour fauteuil manuel.
Un produit bien construit, avec un vrai point fort : il ne change rien à l'emprise ni à la place que prend le fauteuil, et il se comporte plutôt bien en ville, y compris dans les montées. Mais au final, il ne me correspond pas : ce freinage qui oblige à couper l'entraînement avant de ralentir reste pour moi rédhibitoire. J'ai donc décidé de ne pas transformer l'essai, et je suis passé sur une autre motorisation, une tierce roue. Un bon produit, donc, mais pas pour moi ; il peut tout à fait convenir à quelqu'un qui garde une bonne aisance de mouvement et qui met le gain de place au premier plan.
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